• Francois

Dette et Economie

La très grande majorité des gens savent gérer leur budget familial correctement. Le bon sens nous incite à dépenser moins que ce que nous gagnons. Ce « bon sens » est un amalgame de nombreuses qualités : la capacité à planifier, à s’organiser, à se contrôler, l’honnêteté, l’intégrité, l’humilité au quotidien[1]… ce qui n’empêche pas la possibilité de s’octroyer une ou deux libertés. Des libertés dont l’existence est permise uniquement en regard de « restrictions » qui existent en amont.

Une certaine restreinte est nécessaire pour que de telles libertés puissent être pleinement appréciées. Et pour qu’elles puissent se produire de nouveau.


Cette discipline s’applique tout aussi bien sur le long terme : l’achat d’un logement avec un emprunt se planifie sur toute une vie, accordement aux revenus du demandeur. L’action même d’emprunter de l’argent est comptabilisée comme un service, qu’il fait donc rémunérer : cette rémunération s’appelle communément le taux d’intérêt. De nombreuses étapes à valider existent avant qu’un quelconque emprunt ne soit octroyé. Ce sont des mesures raisonnées, pour s’assurer que les paiements seront faits jusqu’au bout. Le remboursement de l’emprunt, auquel se rajoute le taux d’intérêt, se réalise à intervalles réguliers. Le montant de ce remboursement d’emprunt constitue un certain pourcentage des revenus mensuels d’un foyer.

Quantitativement, les banques considèrent que l’endettement est important si le montant d’un remboursement est supérieur à 33 % du montant de tous les revenus.

En cas de faillite d’un particulier[2], et sans rentrer dans les détails, un effacement des dettes est possible après la saisie des biens « superflus » (non indispensables pour vivre ou travailler) et leur liquidation. Une saisie directe sur salaire est aussi possible. L’impossibilité de contracter un autre crédit pour une durée de 5 ans après le remboursement forcé peut être imposée.


Qu’en est-il des entreprises ?

Une entreprise qui se retrouve en faillite[3] a deux possibilités.

Soit elle est considérée capable de se relever par un juge, qui la place en redressement judiciaire. Le redressement judiciaire peut se clôturer de différentes manières : mise en place d’un plan de redressement sur 10 ans maximum, validation d’une offre de reprise par des tiers et/ou extinction du passif en payant de façon immédiate l’ensemble des dettes. Dans le cas contraire, si le juge considère que l’entreprise ne peut se relever, cette dernière est mise en liquidation judiciaire. Là aussi les biens mobiliers et immobiliers de l’entreprise peuvent être vendus pour rembourser les créanciers. Et, plus dramatique, l’ensemble des salariés sont licenciés.


Et pour l’État, qu’en est-il ? Comment cela se passe-t-il pour l’État qui fait voter et appliquer les lois ? Notamment les lois sur la gestion des dettes d’autrui ? Que se passe-t-il quand l’État contracte des dettes ? Qui doit rembourser ? Qui doit payer les conséquences de la mauvaise gestion des politiques et de leurs « experts » ?

Vous aurez compris que l’État se montre exigeant avec autrui mais se comporte, en quelque sorte, de façon très complaisante avec Lui-même.[4] De quoi alimenter un sentiment d’injustice qui, cumulé à d’autres situations personnelles dramatiques, pousse les gens à se révolter. Et les « élites » prennent alors un air surpris. Ce sentiment de surprise est effectivement « normal » de la part de gens peu scrupuleux qui redécouvrent que leurs administrés sont des êtres humains avec leurs vécu et leur ressenti, et non à un simple troupeau à traire paisiblement.


Bref, à ce jour, l’État Français est endetté à hauteur de 1 400 milliards d’euros. Cette dette possède un nom digne de la novlangue de Georges Orwell[5] : la « dette souveraine ». A mon sens, il n’y aurait guère que le Japon qui prétendrait parler de dette souveraine. En effet, 90 % de la dette du Japon est détenue par des investisseurs Japonais. En comparaison, la dette « souveraine » de la France est détenue par des étrangers à hauteur de...64 %! (source : Banque de France). Si la situation de la France venait à empirer, lesdits investisseurs plieraient bagage. Ce qui empirerait d’autant la situation de la France.

Bref, d’où vient la dette actuelle ? La dette souveraine est bien plus qu’un mauvais équilibre entre les recettes et les dépenses de l’État. Cette dette ne concerne pas seulement la France, mais nombre de pays dans le Monde.


Je ne suis pas économiste, mais j’essaie d’utiliser un minimum ma tête. Soit la situation est hors de contrôle et dans ce cas, les chefs d’État ne sont que des incapables notoires qui devraient aller voir ailleurs[6]. Soit la situation est parfaitement sous contrôle : c’est ce qu’on attend de n’importe quelle personne qui prétend gérer quoi que ce soit, au sommet. Le contrôle de qui, de quoi, je ne sais pas. Mais ce serait pour sûr les plus riches qui en bénéficieraient le plus (à savoir… les banques et leurs créanciers !). L’un comme l’autre, rien de bien Constitutionnel.[7]


Sous l’Ancien Régime, les impôts royaux représentaient de l’ordre de 20 % des revenus d’un foyer. D’autres impôts pouvaient s’y rajouter, de façon permanente ou non, selon le contexte social, politique et économique et selon les revenus de chacun.

Aujourd’hui, en incluant les cotisations sociales, les impôts sur la consommation, sur le capital et sur le revenu, nous sommes à près de 50 % du revenu (sauf pour les 10% de la population les plus riches, où ce chiffre tourne autour de 30%). Proportionnellement, ce sont donc les foyers les plus modestes qui payent le plus d’impôts. Et donc, ils constituent la part de la population la plus susceptible de se révolter.

Plus d’impôts que sous l’Ancien régime, un niveau de vie plus élevé aussi, et pourtant la dette publique n’a cessé de croître au cours des dernières décennies ! De nombreuses solutions qui n’en sont pas sont régulièrement proposées : diminuer les dépenses publiques[8], augmenter la compétitivité, tout privatiser, plus de taxes encore…


La loi de 1973 dite de « Pompidou-Rothschild » se place même au cœur du débat : certains la considèrent responsables de tous les maux, d’autre vont confirmer que ce n’est pas le cas. Dans tous les cas, un enfumage existe quant à la responsabilité de ladite loi. Ceux qui demandent son abrogation… ignorent qu’elle a déjà été abrogée ! Et ceux qui savent qu’elle a été abrogée et remplacée par l’article 104 du traité de Maastricht vont s’abstenir de dire que ledit article 104 a lui-même été remplacé par l’article 123 du traité de Lisbonne, actuellement en vigueur. Un traité adopté en 2008 en France par Sarkozy, malgré le « Non » au référendum sur la Constitution Européenne de 2005.

L’un des partis fait preuve d’une certaine naïveté, l’autre d’une certaine mesquinerie élitiste qui se complaît dans la taq… les demi-vérités. Loi ou pas, l’État garde toujours la possibilité morale d’agir dans l’intérêt de tous, et non pas dans celui des marchés financiers. Ce, au moins jusque 1992, au cas où la loi de 1973 n’imposerait rien de tel ! Mais les données ont l’air de prouver que la moralité n’était pas de la partie, sauf erreur de ma part. Ce, de façon très visible au moins à partir de 1983.


Dans tous les cas, trois grands points permettent d’expliquer l’origine (et le maintien !) de la dette, en prenant en compte un point initial :

- La création monétaire standard : elle se réalise en période de croissance. La valeur de l’argent imprimé correspond, normalement, à une valeur matérielle équivalente. Auparavant, seules les banques centrales, normalement publiques, avaient le droit de faire tourner la planche à billets. Le risque d’inflation existe en cas d’impression monétaire en période de récession : l’argent imprimé n’est « corrélé » à aucune valeur marchande nouvellement créée.


- La création monétaire par le crédit : comme présenté plus haut dans cet article, contracter un crédit créé des intérêts qu’il faut rembourser. Au niveau des banques, l’argent d’un crédit est créé de toutes pièces, à partir de rien, par une simple écriture comptable. Cet argent est « détruit » au fur et à mesure du remboursement du crédit.


- Le système des réserves fractionnaires : la banque ne conserve dans ses coffres qu’une fraction de l’argent qui lui est confié (taux de réserve) : le reste est investi ailleurs et fructifié par effet multiplicateur.[9] Le taux de réserve permet de faire face aux retraits d’argent réguliers des clients de la banque. Et c’est ainsi qu’une banque ferait faillite si l’ensemble de ses clients retiraient leur argent en même temps.

Répandu dans le monde entier, le système des réserves fractionnaires pourrait être bénéfique si les intentions étaient bonnes. Mais il contribue à financer, quasiment à l’infini, une dette qui risque de faire sombrer l’économie mondiale. Et nous avec.


- L’Article 123 du traité de Lisbonne : A une époque, les États se fournissaient auprès de leur banque centrale pour financer leur déficit en faisant tourner la planche à billets, à un taux très bas, si ce n’est nul. Le traité de Lisbonne impose aux États de faire des emprunts auprès des marchés financiers, et plus particulièrement auprès des banques commerciales. Des emprunts aux montants importants, et aux intérêts tout aussi conséquents. Des intérêts qui finissent par s’ajouter au fur et à mesure si de nouveaux emprunts sont contractés. Une obligation de s’endetter, en quelque sorte, de façon permanente pour que le système « tienne ». A l’image d’un château de cartes qui pourrait s’écrouler à tout moment.


Depuis les années 70-80, la France paye ainsi en permanence des intérêts aux banques commerciales. Tous les intérêts cumulés depuis cette date donneraient 1 400 milliards d’euros. Soient 96 % du montant de l’augmentation de la dette publique pour la même période (1350 milliards).


Plusieurs fois, des crises majeures se sont produites de par le monde comme une conséquence directe de bulles financières qui finissent par éclater suite à un trop-plein de dettes. Et plusieurs fois, l’Humanité a persévéré dans un système qui la détruit, à l’image d’un homme ivre et stupide qui en redemande.[10]

La faute aux politiques ? Certes, mais jusqu’à preuve du contraire, nous sommes bien ceux qui élisons ces politiques.


De plus, suite à la crise des subprimes[11] de 2008, un pays a montré l’exemple en refusant que l’argent public soit utilisé pour sauver des banques privées, malgré la volonté de l’Etat : l’Islande. Les riches banques auraient été sauvées, et le pays serait rentré en récession.

Mais les populations ont encerclé le parlement Islandais nuit et jour pendant des semaines. L’Europe pratiqua alors un chantage qui n’aura pas d’effet : sanction des marché et récession sont « prophétisés » si l’Islande refuse de payer les pots cassés des banques privées. Au final, les Islandais se sont rendus devant la maison de leur Président pour demander un référendum au sujet du remboursement de la dette. Et pour lui donner une pétition signée par ¼ de la population. Ainsi, le 6 mars 2010, les Islandais votent à 93% contre un remboursement de la dette privée avec de l’argent public. Dans tous les cas, l’enfer prédit par les corporations suite au Brexit[12] n’est pas aussi sombre que cela. En 2012, l’Islande, premier pays frappé par la crise financière, se relève : croissance prévue à plus de 3%, chômage retombé à 7%, endettement des ménages contracté, balance commerciale positive… Et surtout, les trois plus grands banquiers du pays et un ancien premier ministre sous les barreaux ! A la même époque, le second plan d’aide à la Grèce a été adopté par les ministres de l’Union Européenne, experte et légitime…


Tous ces troubles se sont produits parce que le système global fonctionne sur le principe de la dette. Et de nouveaux troubles nous attendent parce que le même système financier perdure. Le principe de la dette va à l’encontre de ce que le Seigneur nous a conseillé depuis des siècles :

- Proverbes 22:7 : « Le riche domine sur les pauvres, et celui qui emprunte est l'esclave de celui qui prête.»

- Proverbes 22:26-27 : « Ne figure pas parmi ceux qui prennent des engagements, qui se portent garants pour des dettes : si tu n’as pas de quoi payer, pourquoi voudrais-tu qu’on enlève le lit sur lequel tu te couches ? ».

- 1 Corinthiens 7:23 : « Vous avez été rachetés à un grand prix : ne devenez pas esclaves des hommes. »

- Romains 13:8 : « Ne devez rien à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres, car celui qui aime les autres a accompli la loi. »


Nous sommes enchaînés à ce système nocif, à l’image des Hébreux à peine sortis d’Égypte, du temps de Moïse. Des Hébreux qui préfèreraient redevenir esclaves et avoir de quoi manger avec certitude plutôt que de miser sur un avenir meilleur dans le futur, en tant qu’hommes libres, moyennant une part de sacrifices et de voyage dans l’inconnu…

Le système corporatiste actuel ne fait que confirmer ce qui est clairement dit en Luc 4:6 :

« Puis (le diable) dit (à Jésus) : 'Je te donnerai toute (la) puissance et la gloire de (tous les) royaumes (de la terre), car elle m'a été donnée et je la donne à qui je veux.' »


SOURCES : Agicap, Agoravox, CaptainEconomics, Découverte 2016, Ekonomia.fr, Grand Angle, Investig Info, le Point, Mr Quelques Minutes , nirgal.com, prisedeconscience.org et bien d’autres

[1] Qualités qu’il serait bon de pouvoir transposer dans toutes les situations


[2] L’expression « faillite personnelle » est réservée aux… chefs d’entreprise ! De quoi égarer (volontairement ?) autrui


[3] « Cessation de paiement », pour être exact


[4] Matthieu 7 :5 : « Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour retirer la paille de l'œil de ton frère. »


[5] Lire le roman prophétique accompli de Georges Orwell : 1984


[6] Et ceux qui ont voté pour eux devraient être interdits de vote à la prochaine élection


[7] Rappelons-nous que nous aurions pu à un moment élire un économiste à la tête du pays… Et qu’il a été soudainement éclaboussé enlisé dans une affaire inopinée.


[8] Dépenses publiques qui seraient selon certains, toutes proportions gardées, les mêmes d’une année à l’autre !


[9] Un client 1 dépose 5000 euros dans une banque A. La banque A prête 4500 euros à un client B qui dépose cette somme dans une banque B. Par effet multiplicateur, 9500 euros « existent » à partir d’un investissement de départ de 5000 euros. Les 500 euros restants dans la banque A correspondent à un taux de réserve de 10 %


[10] Proverbes 23:35 : « « On m'a frappé et je n'ai pas mal ! On m'a battu et je ne sens rien ! Quand me réveillerai-je ? J'en veux encore ! »


[11] Prêts hypothécaires à risques


[12] Pardon, ma langue a fourché :-p

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