• Francois

Dieu et les Chrétiens : contexte social et théologique

Mis à jour : 9 déc. 2019

Pour résumer, les Chrétiens sont les membres d’une communauté internationale de 2,4 milliards d’individus : l’Église. Cela sera développé en détail par la suite, mais les Chrétiens sont des individus qui ont choisi de confier leur vie au Dieu unique, issu de la tradition Juive.

Tout d’abord, et pour faire simple, qui est Dieu et quelle est la nature de sa relation avec l'Humanité ?


Dieu est un être hors du temps et de l’espace comme nous les concevons. Créateur de l’Univers, l’Éternel a aussi créé l’être humain dans un état de bonheur primordial[1] et [2]. Mais l’être humain a choisi de détruire cette félicité en se rebellant contre Dieu. L’une des conséquences la plus importante de cette trahison a été l’acquisition de la connaissance du Bien et du Mal.[3] Une connaissance acquise par des créatures qui n’avaient pas, à la base, la capacité à faire spontanément le bon choix. A l’image de ce qui se produirait si, du jour au lendemain, vous hériteriez d’un « super pouvoir » : établiriez-vous un règne de terreur centré sur votre personne, ou seriez-vous plus responsables que cela ?


Des hommes bons et mauvais ont peuplé l’ensemble des Humanités successives sur Terre. Les civilisations se sont globalement assagies à mesure que le temps passait. A une époque, il était acceptable de se venger de façon excessive pour une simple blessure[4]. Plus tard, la vengeance sauvage laisse place à l’équité la plus stricte[5]. Le temps s’écoula encore. Et c’est ainsi que l’Humanité se plaça, en termes de capacité intellectuelle, cognitive et sociale, au stade de la pré-adolescence. C’est alors que Dieu le Père envoya son Fils Unique à l’Humanité[6]. L’Humanité pré-adolescente pouvait être éduquée autrement que par des Commandements, des interdictions ou des menaces.

Des préceptes dont les jeunes enfants sans jugements ont besoins pour se construire. Un enfant ne peut développer son autonomie qu’à partir du moment où il est strictement encadré.


L’Humanité était en mesure de comprendre des concepts et des notions plus complexes et des discours argumentés. Elle n’avait plus besoin de se faire gifler pour que l’obéissance respectueuse à Dieu se manifeste. Cette première menace de « gifle » se trouve dès les premiers chapitres de la Bible ! Dieu interdit à Adam de manger du fruit de la connaissance du bien et du mal, sous peine de mourir.[7] A la façon d’un parent qui dirait à son enfant qu’il va se faire mal s’il va plus loin dans la bêtise.

L’Humanité avait le niveau, dès l’époque du Christ, pour que ses individus arrivent à prendre du recul par rapport à eux-mêmes, qu’ils arrivent à s’excentrer, par empathie, pour le bien être du plus grand nombre. Ce qui serait comparable à ce stade du développement de l’enfant qui se produit aux environs de 12 ans.[8]

12 ans… un âge marquant déjà à l’époque de Jésus-Christ.[9]

Ce n’étaient plus quelques élus qui pouvaient, à leur tour, partager et propager la Parole à l’image de la tribu des prêtres, les Lévites.[10] Tous ceux qui avaient atteint une certaine spiritualité et une certaine confiance envers Dieu étaient en mesure, et même invités, à faire de même[11]. Et ce, non pas juste au sein de la seule Nation Juive. Mais à destination de tous les peuples de la Terre.[12]


L’équité la plus stricte était devenu Amour inconditionnel (mais non pas irrationnel). Dieu a considéré que nous pouvions officiellement comprendre le fait de ne pas chercher immédiatement réparation à un ennemi qui nous fait du tort. Dieu nous invite à acquérir la force de faire face à cet ennemi nous-mêmes ! Pour dialoguer, discuter et qu’une réconciliation sincère, dans le respect des deux partis, puisse idéalement se nouer. Bien évidemment, si cet ennemi n’a pas le niveau pour comprendre un tel état-d ’esprit désintéressé, alors il devient nécessaire de s’adapter. Ce, à l’image d’un adulte qui adapte son message quand il parle à un enfant récalcitrant. La possibilité d’un procès reste ouverte.[13] Mais même là, nous sommes invités à essayer de nous arranger à l’amiable avant d’en arriver à une telle extrémité ; une extrémité qui se doit malgré tout d’être appliquée quand cela est nécessaire.[14]


En résumé, voilà qui sont les Chrétiens et de quelle manière le message Biblique, parole de Dieu, a évolué au cours du temps. Du moins, comment la sophistication de la transmission du message a évolué ; le message étant le même depuis le début. Cette évolution dans la présentation du message est liée à la croissance de l’Humanité, telle un enfant. Et Dieu, à l’image d’un Père aimant, s’est adapté à nous sans non plus oublier qui Il est.


Dans un précédent article, nous parlions des chiffres désastreux de la déchristianisation dans le monde Occidental. A mon sens, si la Bible était expliquée de la même manière que le présent article, les gens réaliseraient l’incroyable message de paix, de sagesse et d'espoir qu’elle représente. Un message motivant, émulateur et censé, propre de toute tradition avilissante ou détournée, qui aiderait enfin l’Humanité à passer le cap de l’adolescence, voire de l’âge adulte. Pour s'épanouir accordement.

[1] Genèse 1:31 : « Dieu regarda tout ce qu'il avait fait, et il constata que c'était très bon. »


[2] Genèse 2:25 : « L'homme et sa femme étaient tous les deux nus, et ils n'en avaient pas honte. »


[3] La seconde conséquence majeure est l’impossibilité de vivre à tout jamais, quand cela aurait pu se produire. Genèse 3:22 : « L'Eternel Dieu dit : «Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous pour la connaissance du bien et du mal. Maintenant, empêchons-le de tendre la main, de prendre aussi du fruit de l'arbre de vie, d'en manger et de vivre éternellement !»


[4] Genèse 4 :23-24 : Lémec dit à ses femmes : «Ada et Tsilla, écoutez-moi, femmes de Lémec, prêtez attention à ce que je dis ! C’est que j'ai tué un homme pour ma blessure et un enfant pour ma meurtrissure. Si Caïn est vengé 7 fois, Lémec le sera 77 fois.»


[5] Lévitique 24:19-20 : «Si quelqu'un blesse son prochain, on lui fera comme il a fait : fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent ; on lui infligera la même blessure que celle qu’il a infligée à son prochain.» Précepte connu sous le nom de « Loi du Talion »


[6] Matthieu 3:17 «Au même instant, une voix fit entendre du ciel ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute mon approbation.»


[7] Genèse 2:16-17 : «L'Eternel Dieu donna cet ordre à l'homme : 'Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain.'»


[8] Les références au seul développement de l’enfant sont tirées du livre de Boris Cyrulnik : « Psychothérapie de Dieu », éditions Odile Jacob


[9] Luc 2:41-52


[10] Nombres 8:14-16 : «Tu sépareras ainsi les Lévites des autres Israélites et les Lévites m'appartiendront (à Dieu)… car ils me sont donnés comme des dons pris du milieu des Israélites : je les ai pris pour moi à (Dieu) la place de tous les premiers-nés des Israélites.»


[11] Luc 10:2 : «La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.»


[12] Marc 13:10 : «Il faut d'abord que la bonne nouvelle soit proclamée à toutes les nations.»


[13] Matthieu 5:23-25 : «Si donc tu présentes ton offrande vers l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. Mets-toi rapidement d'accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice et que tu ne sois mis en prison.»


[14] Matthieu 7:6 : «Ne donnez pas les choses saintes aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu'ils ne les piétinent et qu'ils ne se retournent pour vous déchirer.»

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